| La parole perdue.
L'homme perdu dans les profondeurs de son moi, n'offre plus qu'une impression de vide en soi.
L'épouvantail fait un signe, les oiseaux se moquent de lui.
Prends ta tête à deux mains et fracasse le mur du silence.
Un son dans un cri, un craquement sec, l'arbre a ployé sous la chute du corps.
Sous l'orage, le tonnerre a parlé, sur la terre, un nuage a pleuré.
Dans les vases tourmentés, se noie le poison d'une fleur.
Ton enfance apatride, ta mère de sang, ton frère courage, tous ceux là qui t'invitent à la misère.
Sur le pont, déchaussé, marchait un clochard.
Enfonce ta fourchette dans la chair froide de l'oubli et ramène à la surface les déchets non mâchés de l'angoisse.
Dans les phrases fastidieuses aux noms pointus, j'aperçois l'impondérable du mot.
O langage, sois mot et tais toi.
Le fantasme est une parole perdue.
Alain Meyer-Abbatucci |
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